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J'aime rien, I'm Parisien ! Le journal d'un natural-born râleur.

J'aime pas Diana Rigg !

Non, je l'aime pas... Je l'adore, je la vénère, je l'admire, je la veux (euh bon, non, quand même pas...) !!!!!!!!!

Bon déjà, pour ceux qui ne l'auraient pas reconnue, oui la vieille reine piquante de Game of Thrones est bien celle qui incarnait Emma Peel dans The Avengers (Chapeau Melon et Bottes de Cuir pour les incultes)... Hard to believe, but true! Mais pourquoi suis-je donc à ce point en transe quand elle apparait (hélas trop furtivement) dans quelques-uns des épisodes de GOT ?

Tout a commencé... au tout début des années nonante, dans une émission de FR3 baptisée Continentales et présentée par un certain... Alex Taylor dont j'ai croisé encore la route la semaine dernière au Lido (long story). Le monde est p'tit... Bref, dans cette émission, en plus de diffuser des JT de l'Europe entière en VO, on avait droit parfois à des séries (un peu datées et donc pas chères, j'imagine) elles aussi en VO (un truc incroyable pour la télé française de l'époque, qui ne jurait que par le doublage pourri). Et c'est là que j'ai vu Diana pour la première fois, si belle dans ses tenus moulantes, si classe quand elle combattait les méchants à coup de prise de judo et de claquements de doigt (seul Vianney et les plus grands fans peuvent comprendre cette référence-là...), si ironique, mordante et drôle dans ses joutes verbales avec le bon vieux Steed (c'est le premier véritable personnage féministe de la télévision je crois - la série date de la fin des années 1960). Bref, je suis tombé en amour ou tout au moins en admiration.

Toujours dans les années nonante, mais vers la fin cette fois, je crois avoir eu une décharge d'adrénaline quand je suis tombé par hasard sur Meutre au Soleil, une adaptation un peu ratée d'un chef d'oeuvre d'Agatha Christie mais avec un casting de rêve : Maggie Smith, Peter Ustinov, Jane Birkin... et ma Diana ! Bon, pas de bol, son personnage odieux est assez vite assassiné. Ma passion était néanmoins intacte.

Puis plus rien, le vide... Jusqu'à ce que les années 2000 et Internet m'apprennent que les deux saisons de Diana dans The Avengers étaient loin d'être le seul fait marquant de sa carrière. Outre-manche, ses nombreux rôles, principalement au théâtre, lui ont valu célébrité, honneurs et un titre de Dame Commander of the Most Excellent Order of the British Empire décerné par Babeth elle-même. Ni une ni deux, me voilà donc parti pour Londres histoire de la voir brûler les planches.

2006 : ça y est, enfin je la vois, elle est là devant moi, aussi féline qu'Emma malgré ses 67 printemps. Je n'écoute et ne comprends pas grand chose de la pièce (Honour). Je ne suis là que pour Diana et je pense n'avoir cligné des yeux que trois fois de peur de rater quelques secondes de sa présence. Même quand elle reprend sa position dans le noir entre deux actes, j'ai les yeux rivés sur elle et un sourire béat sur la gueule. J'ai prémédité un crime : je vais l'attendre à la sortie des artistes, lui parler d'Emma, du fait que c'est sûrement grâce à elle que j'ai voulu apprendre la langue de Shakespeare, et patati et patata... Elle sort, on est une dizaine à l'attendre, elle est pressée, pas très aimable. Elle éconduit le crétin qui veut lui faire dédicacer une photo d'Emma ("Come on, this is not me anymore, please!"), je comprends alors que ce n'est pas sur ce terrain-là que je dois l'aborder. Elle finit par être attiré par deux Français de la jaquette (décidément, Diana une icône gay ?) et elle raconte avec délectation ses séjours dans sa maison dans le Sud-Ouest de la France, le Cognac qu'elle se siffle à profusion... Moi, elle ne me calcule toujours pas. Je lui demande abruptement de faire une photo avec moi (ne connaissant pas à l'époque le fameux selfie, je tends mon appareil photo à un connard qui met 10 secondes à comprendre qu'il faut appuyer sur le bouton car Diana est pressée de rentrer chez elle), elle accepte en soupirant. Puis elle quitte la ruelle jouxtant le théatre, traverse la foule du West End et s'engoufre toujours aussi féline dans un taxi. Voilà, c'est fini. C'était nul, mais je l'ai fait. C'était nul, mais je lui ai parlé. C'était nul mais j'avais le bras autour d'elle. Et cette satanée photo a disparu avec le cambrioleur qui m'a volé mon PC quelques mois plus tard. En même temps, j'étais trop moche dessus...

Je l'ai revue sur scène un ou deux ans après. Je ne l'ai pas attendue à la sortie. Là encore, rien compris à l'histoire (heureusement, c'était une adaptation de Tout sur ma mère d'Almodovar, et j'avais déjà vu le film plusieurs fois), mais la voir se mouvoir et émouvoir son public, ça me suffisait (et la voir embrasser sur la bouche une fille, alors là, c'était la cerise sur le gâteau !).

Puis à nouveau le silence radio. Plus de nouvelles de Dame Diana. Jusqu'à ce que les géniaux créateurs de GOT aient l'idée géniale de la caster pour jouer Lady Olenna Tyrell. Un rôle tout à sa mesure : langue de vipère, précise et acerbe, lucide et ironique, sarcastique et humaine, intelligente et hilarante. Deux minutes par épisode tout au plus qui me font me dresser sur mon canapé comme un suricate aux aguets et qui me procurent une joie immense et difficilement explicable.

Bon, OK, elle a 75 ans et elle a pris cher. Tellement cher que beaucoup ne la reconnaissent même pas... Mais comment, malgré ce costume d'oeuf de pâques, ne pas se souvenir de ses pommettes saillantes, de ce nez si particulier, de ce regard plein de malice ? En tout cas, moi, je savoure chaque minute. D'autant que dans cette série où tous les personnages principaux et secondaires meurent les uns après les autres, je me dis que son espérance de vie doit être très limitée.

Thank you Dame Diana! Voilà, c'était mon hommage non posthume du jour (épisode 2 à suivre : Marie Laforêt).

 

 

 

 



30/05/2014
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