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J'aime rien, I'm Parisien ! Le journal d'un natural-born râleur.

J'aime pas les entretiens d'embauche !

 

Franchement, après ma 347e expérience en la matière (sans succès, il va falloir vraiment que je me remette en question...), je vais vous faire un petit best of à peine exagéré (toutes les questions sont bel et bien vraies, en tout cas) de ce que j'ai dû subir au cours de ces interrogatoires en règle où l'on se demande parfois pourquoi la personne en face se permet de nous poser des questions qu'elle oserait à peine aborder avec son conjoint après 15 ans de mariage...

 

Bon au début, c'est soft et gentillet, ça commence par la célèbre phrase "je n'ai rien à lui dire à cet inconnu, trouvons un sujet bateau" : 

- Vous nous avez trouvés facilement, ça a été ?

- Bah, comme tu vois connasse, je suis à l'heure, donc la réponse est apparemment oui, et en plus, la Défense est plutôt bien indiquée sur ma carte de métro. C'est-à-dire que si j'ai réussi à pas me perdre en conduisant dans Palerme sans GPS ou en faisant une randonnée dans le brouillard en Irlande, trouver ton bureau, à côté, c'était même trop facile limite !

 

Vient ensuite le moment de se présenter, de parler de soi. Le bonheur quoi, ou presque :

- Bien, nous allons reprendre votre CV dans l'ordre. Ah, je vois que vous n'avez pas indiqué le baccalauréat, pourrions-nous commencer par là SVP ?

- Ah ben si tu veux, on peut remonter plus loin hein, même : je suis né le 27 mars 1979 à la Clinique Sant-François de Châteauroux et j'ai très vite développé des qualités de management assez incroyables en hurlant sur tout le personnel de l'établissement qui s'efforçait alors de répondre à mes besoins illico presto. Pas mal hein ?

 

Certains (surtout les Français qui raffolent des étiquettes) cherchent la petite bête dans un parcours qui manquerait un chouya de cohérence :

- Mais, je ne comprends pas, vous étiez journaliste, et vous êtes maintenant dans une agence de communication. Vous voulez vraiment rester dans la com' ou vous voulez faire du journalisme ? 

- Oui, j'avoue, tout cela est très incohérent. Le chômage et la précarité m'ont poussé vers la com', où j'exerce en tant que... rédacteur ! Un métier très éloigné du journalisme, j'en conviens. C'est un peu comme si un boulanger devenait pâtissier quoi... Fouettez-moi !

 

D'autres préfèrent s'arrêter sur un détail :

- Vous parlez néerlandais ? Vraiment ? Mais pourquoi ?

- Euh, et pourquoi pas ? T'es jaloux ducon ?

 

Le climax de l'entretien approche :

- Quels sont vos trois qualités et vos trois défauts ? Et qu'est-ce que vos amis disent de vous ?

- Je suis beau, intelligent et drôle, ça c'est les qualités. Je suis dictateur, jamais content et je déteste les heures sup', ça c'est les défauts. Mes amis ? Oh ben c'est simple, ils pensent que je suis le pire des connards, que je pue et que je suis aussi apte au monde de l'entreprise que toi à jouer les DRH ! Voilà, c'est bon, je suis pris ?

 

Le pire vient en général de la crème de la crème des professionnels du recrutement, les fameuses vieilles blondes bourgeoises qui ont été remerciées sans ménagement par de grands groupes suite à leur ménopause et qui montent leur petit cabinet en "executive hunting", en faisant croire à des PDG encore vaguement sensibles à leur blondeur qu'elles sont assez fines psychologiquement pour recruter les meilleurs cadres de la place et pour facturer très cher leurs services :

- Aïe si zat you sé zat you are bilingoual? Is zat trou?

- Yes of course, although English is not my mother tongue, I'm totally fluent and I'm used to working in an English-speaking environment! (avec mon meilleur accent britanno-américano-teinté d'une imperceptible trace de franchouillardise)

- Hmmm, oké, your haxènt is goud, but you canotte sé zat you are bilingoual. It iz not laïke you spent méni yèrs workingue abrod (sous-entendu, contrairement à moi, qui ai bossé dix ans pour l'Oréal à New York avant qu'ils me lourdent, peut-être car en dix ans, je n'ai pas été foutue de progresser niveau accent !).

- Ok, bye bitch!

 

Bon, et quand on arrive au bout du bout, et que même les prétentions salariales ne posent pas problème, vient toujours la question guillotine :

- Au fait, vous avez un préavis ?

- Bah, non, mon pote, suis en poste et je peux faire un gros bras d'honneur à mon patron et me casser quand je veux ! Bon, ça c'est hélas ce que je n'ai pas les couilles de répondre. Généralement, je déclare tout penaud : Oui, de trois mois... Mais c'est négociable.

- C'est-à-dire ? Combien ?

- Eh bien, n'étant pas diplômé en voyance, comme tu as pu le voir dans mon CV, j'en sais foutre rien, mais tu seras le premier informé, bâtard !

- Hum, c'est embêtant, on cherche quelqu'un pour avant-hier en fait...

 

Et là, généralement, tu sais que tu peux te toucher. Neeeeeeeeeeext !

 

ND



18/11/2012
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